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Un peu d'Histoire

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L'EPOQUE CAROLINGIENNE.

Selon l'intéressante thèse récemment soutenue par J. Juillet (13), sur la base d'une impressionnante argumentation, c'est à Faycelles, plus précisément au village de la Cassagnole, que seraient nés, en 778, lors de l'expédition d'Espagne marqués au retour par l'épisode fameux de Roncevaux, les fils jumeaux de Charlemagne, à savoir : Lothaire, chétif de naissance, qui mourut prématurément à l'âge de deux ans, et Louis qui devait devenir deuxième Empereur d'Occident, sous le nom de Louis le Pieux, ou encore Louis le Débonnaire.
Les raisons alléguées par l'auteur ne manquent pas de poids. La philologie s'accommode fort bien du toponyme : La Cassagnole dérivant normalement de Cassinogilum ("Beaux Chênes", ou "Clairière de Chênes") mentionné dans l'acte de baptême des nouveau-nés. De plus, les routes conduisant d'Aix-la-Chapelle où résidait l'Empereur, en Espagne, but de l'expédition, passent par-là, surtout si l'on considère que la tactique de Charlemagne prévoyait de scinder en deux son armée, chaque corps attaquant par un côté des Pyrénées, afin de prendre les Sarrasins dans une tenaille dont les mâchoires se refermeraient sur Sarragosse ... Un tel ordre de marche, soit dit en passant, disqualifie les sites concurrents : Cassaneuil-en-Poitou, Cesseuil-en-Bordelais, Casseneuil-en-Agenais, qui sont beaucoup trop à l'Ouest, trop loin de la base d'opération ou en plein pays ennemi dans lequel on n'abandonne pas une épouse sans défense, sur le point d'accoucher. D'ailleurs, il est certain qu'au retour, Charlemagne est passé par le Quercy puisque, après avoir pris Cahors, remontant la vallée du Célé, il laissa sur le plateau voisin un de ses plus brillants officiers, Namphaise, qui devint l'ermite de Cagnac-du-Causse, - où sa mémoire est encore vénérée comme celle d'un saint. Du reste, dans le pays, les églises ne manquent pas qui perpétuent dans la pierre des chapiteaux le souvenir du grand Empereur d'Occident : à Toirac, par exemple, tout près de Faycelles et de La Cassagnole (14)
Surtout, il ne faut pas oublier que les Carolingiens étaient possessionnés à La Cassagnole, comme en témoigne l'acte d'échange, conclu en 819 par Pépin d'Aquitaine, fils de Louis le Pieux, avec l'évêque de Cahors, Angarius, auquel il céda ses biens paternels sis à "Cassinogilo" contre ce qui restait du monastère de Lunan tout proche.
On le voit, la localisation proposée par J. Juillet est solidement étayée et, à défaut d'une certitude impossible à établir, elle emporte tout au moins La conviction, surtout si l'on se réfère, pour le détail, à l'article précité.

DANS LA MOUVANCE DU ROYAUME D'AQUITAINE.
Faycelles est mentionné pour la première fois, en 838, dans une Charte de Pépin d'Aquitaine, fils précisément de Louis le Pieux, né à La Cassagnole, ainsi qu'il vient d'être dit. Dans ce document, il est désigné comme faisant partie du domaine royal : "notre villa qui s'appelle Faycelles". C'est tout ce que nous connaissons de la condition politique de cette localité, à cette époque, par les textes du moins.
L'étymologie du nom, à condition toutefois d'user de toute la prudence nécessaire dans un domaine aussi délicat, autorise peut-être quelques conjonctures.
Et d'abord, quelle est la graphie exacte du toponyme ? Dans les textes latins les plus anciens, il est écrit : "Fiscella" ou "Fiscolla" (Pseudo-Charte de l'Abbaye de Figeac), ou encore "Fiscellum" (Cartulaire de Conques). Dans les deux cas, il est précédé de la mention : "villa nostra" (notre domaine), alors que, plus tard, il est question du "castrum" c'est à dire du château de Faycelles, notamment en 1455, où l'abbé Jean de Narbonnes est dit seigneur temporel
du lieu, et en 1478, dans l'acte d'acensement du moulin de Gaillot aux frères Cabriès. D'où il ressort que Faycelles, après avoir été une "villa", fut ensuite un "castrum: détail précieux à retenir pour la suite. Dans les textes français, plus influencés par le dialecte local, on trouve : "Fecella" (XIVe siècle) ; "Faysselle", "Foues-sele" (XVe siècle) ; "Faicelle", "Faysselle", "Faizelles", un peu plus tard. Il est fixé définitivement au XIXe siècle sous la forme actuelle : Faycelles, comportant un "s" final.
Diverses interprétations ont été avancées : "facere cellas" (abbé Combelles) : allusion aux habitations aménagées sous et dans la falaise ; "fagus" (hêtre) "Fascius", nom du propriétaire gallo-romain : supposition gratuite ; "Fay" (temple) et "ussel" "lieu élevé), en relation avec le temple découvert à Rigant : seulement, il est romain, et ces racines sont celtiques ... aurait-il été précédé d'un monument druidique, comme le suppose l'abbé Combelles ? Hypothèse incontrôlable ; « fais » (fardeau, en occitan), par référence à la difficulté d'accéder à un village en nid d'aigle, surtout quand on est lourdement chargé : "Celui qui veut faire de sa fille une ânesse, qu'il la marie à Faycelles" dit un proverbe ; enfin, pour ceux qui rêvent aux jardins suspendus de Babylone, ou aux "bancales" espagnols, " faissa " (terrasse, en occitan) : allusion à la disposition des jardins et des vignes dont l'étagement est soutenu par d'innombrables murettes. Avouons-le : aucune de ces interprétations ne nous paraît recevable.
La suivante (R. Sindou) peut paraître plus plausible. Elle fait dériver le toponyme "Faycelles" primitivement écrit : "Fiscella", précisément de "fiscella", diminutif de "fiscus" (bénéfice). Faycelles serait tout simplement un fief de moindre importance dont les revenus auraient été attribués à un vassal, laie ou ecclésiastique. Philologiquement, cette interprétation est correcte. De plus, le mot est attesté par le Glossaire de Du Cange, dont l'autorité paraît mieux assurée que les dictionnaires classiques, pour la période du moins où le mot a dû se former. Enfin, l'histoire corrobore cette version, puisque Faycelles a été, du fait, propriété de Pépin d'Aquitaine, puis de l'abbé de Figeac, qui tous les deux le désignent comme leur domaine : "villa nostra".
Mais alors, s'il est vrai que jadis Faycelles fut un "petit bénéfice", par le fait même, le statut juridique de ses habitants, les "Fiscalini", s'éclaire. Du Cange, en effet, en parle dans son Glossaire.
Il existait, dit-il, deux catégories de "fiscalini" (ou villani = vilains) et leur condition était bien différente.
Tout d'abord, des serfs proprement dits, qui ne jouissaient d'aucun des droits des hommes libres. On les nomme dans les Capitulaires des rois Francs : "serfs fiscaux". Les Capitulaires du Roi Dagobert ordonnent d'agréger à cette caste, vraiment déconsidérée, toutes les personnes mineures qui entretiennent entre elles des relations illicites. Les Capitulaires de Charlemagne interdisent de donner asile aux serfs fugitifs qui cachent leur état social. S'ils commettent quelque faute, ils doivent être battus, ce qui constitue la peine des esclaves. On le voit, il s'agissait là d'un véritable régime de caste.
Mais il existait aussi, heureusement, un autre type de serfs plus indépendants. Ce sont des feudataires, des vassaux, des "tenants" ou des "homines fisci" oui, lorsqu'ils appartiennent à un fiscus royal, ce qui était le cas pour Faycelles, le l'oublions pas ("villa nostra"), sont même appelés "hommes du Roi". Leur sort est bien meilleur. Ils ont la terré par droit de propriété. Dans certains cas même, comme en témoigne le Charte de Charles III, roi des des Francs, les serfs possèdent 1.c quart du domaine et n'ont d'obligation envers leur seigneur que pour une seule journée de travail, en utilisant toutefois leurs bêtes et leur matériel. Augustin Thierry, dans son "Récits des temps mérovingiens", nous a laissé de ces "fiscalins" une description colorée. Tel devait être le sort des habitants de Faycelles.

DANS LA MOUVANCE DE L'ABBAYE DE FIGEAC

Le fait. Le texte le plus ancien mentionnant Faycelles et son église de Sainte-Marie-de-Rigant comme dépendance de l'abbaye de Figeac est la Charte de fondation octroyée .à ce monastère par Pépin le Bref en 755. Dans ce document, adressé à tous les chrétiens, le roi annonce la construction de cette abbaye, lui transfère les biens provenant du monastère de Jovan, ou Juvan (probablement Lunan) et énumère ses appartenances, parmi lesquelles notre village : "Conferimuetiam villam nostram quae dicitur Fiscella cum ecclesia de Reganto" (15).
Malheureusement, ce manuscrit est un faux, fabriqué, selon toute vraisemblance, vers 1085, à l'occasion du fameux procès qui dressa, à cette époque, l'une contre l'autre, les deux abbayes rivales de Conques et de Figeac. Son but manifeste est de démontrer la subordination de la première par rapport à la seconde.
Néanmoins, même si le "terminus a quo" se situe au XIIe siècle, cette pièce atteste l'ancienneté de notre rattachement à l'abbaye de Figeac. Cela suffit à l'objet de notre étude.
Cette subordination est confirmée par la suite par des documents d'une authenticité indiscutable. Ainsi, la chronique du monastère de Figeac signale qu'en 1146, l'abbé Adalger fit une chute de cheval et se cassa une jambe au château de Faycelles, au cours d'une visite qu'il y faisait en tant que suzerain. En 1257, l'évêque de Cahors contestait les droits de l'abbé sur certaines églises de la région, et notamment sur celle de Sainte-Marie-de-Rigant. Un acte de 1265 qui fixait l'attribution des églises relevant de l'abbaye à chacun des dignitaires du monastère, précise que l'église de Rigant fut une de celles qui étaient rattachées à la manse abbatiale. Vers 1557, selon Champeval de Vyers se référant aux papiers de M. de Gironde de Faycelles, le Chapitre en corps percevait dans la paroisse le revenu du Mas de Labat (16). Cette ferme, située au Mas de Castagner, était tenue jadis, aux XVIIe et XXVIIIe siècles, par une branche de la famille Jausions, précisément surnommée Labat (en occitan : l'abbé). Enfin, c'est un fait que l'Abbé de Figeac tenait château à Faycelles, comme en témoignent de nombreux actes datés de ce lieu. Le site en faisait un centre de villégiature agréable. Jean de Narbonnes, notamment, y fit de fréquents séjours vers 1455. La dépendance de la seigneurie de Faycelles par rapport à l'abbaye de Figeac ne fait donc pas de doute, au moins à partir du XIe siècle.
Les droits. En tant que seigneur temporel, l'Abbé de Figeac exerçait à Faycelles le droit de justice. Le souvenir des fourches patibulaires se retrouve dans le nom, aujourd'hui inusité, mais attesté au XVIe siècle, d'un lieu-dit : "Les Fourches", au sommet de la colline des Arnauds, à proximité de l'intersection de deux voies antiques : le chemin de Toirac à Figeac, et celui de Carayac à Capdenac. Le chanoine Albe, dans ses notes, mentionne même un "puech de las justitias", dont il ne reste pas de trace dans la mémoire collective et qui s'identifie sans doute avec le précédent.
L'Abbé de Figeac arrentait les terres qu'il possédait à Faycelles. Les tenanciers lui en rendaient hommages. Des fermiers généraux étaient chargés de recueillir les redevances pour le compte du seigneur. De nombreux actes font foi d'un tel statut économique. Notamment : l'acte de dégrèvement de 1394, destiné à repeupler Faycelles après le cataclysme de la Guerre de Cent Ans ; l'acensement à Bernard Lavernhe, en 1432, du moulin bâti sur le ruisseau de Gaillot (actuellement : moulin Borie), moyennant six setiers de froment, mesure de Figeac, l'acensement, aux mêmes conditions, aux frères Cabriers, en 1478, d'un autre moulin situé sur le Lot (actuellement : domaine Cavalerie), à une époque où la rivière venait baigner le pied des collines.
Il percevait en outre la dîme. Une hutte de pierre, ou "caselle", sise au Batut, porte encore de nos jours le nom de "caselle de la dîme", parce que c’est là qu’on en rassemblait le produit.
En 1630, elle correspondait au onzième de la récolte. L'Abbé en abandonnait une partie au curé pour sa portion congrue. Elle rapportait alors 150 charges de froment et 150 charges de vin.
Dans l'acte de dégrèvement de 1394, sont enfin mentionnés comme impôts dus à l'Abbé : le cens (droit sur les terres), la taille (taxe sur les personnes et les biens), la rente- en espèces ou en nature - (à la suite de l'aliénation d'un fonds), la bladade (redevance en grains pour chaque bête de labour), la dîme des récoltes, et les droits de justice.
Outre l'Abbé de Figeac, étaient possessionnés aussi à Faycelles : les seigneurs de Béduer, de Capdenac, de Larroque-Toirac ; à certaines époques, les Bénédictines de Londieu, le prieuré d'Espagnac, la dame de Leymei mais surtout des bourgeois de Figeac, grands accapareurs de terres au détriment de l'abbaye qui les vendait pour résoudre ses problèmes financiers.
Les litiges furent fréquents, on l'imagine sans peine. Ils se produisaient soit avec les tenanciers - ainsi en 1473, Pierre de la Bessière et Etienne Agelou étant syndics, plusieurs causes sont pendantes devant les "Grands Jours du Duc d'Aquitaine"- mais surtout avec les seigneurs voisins.
Il faut dire que l'enchevêtrement des juridictions était alors inextricable. Ainsi, en 1230, Arnaud Barasc de Béduer ne revendiquait rien moins que les droits sur la seigneurie même de Faycelles : il fut débouté de ses prétentions. "Arnaud Barasc, dit la sentence des prud'hommes, paiera, quittera, déguerpira et se désemparera, pour lors et pour toujours, en faveur de l'église de Figeac, de l'Abbé et dudit couvent, tous les droits, la directe et les actions qu'il a, devait et pourrait avoir en la ville et seigneurie et appartenances de Faycelles, sauf pour ce qu'il a au communal dudit lieu". De même, au XVIIIe siècle, des difficultés surgissent avec le seigneur de Capdenac au sujet de certains hameaux tels que La Cassagnole, La Madeleine, La Valade, etc. ...

LA BASTIDE DE FAYCELLES

Dans la première moitié du XIIIe siècle, lors du mouvement communal, à une date incertaine que l'on peut situer vers 1230, par référence aux localités avoisinantes et à' la dernière trace d'occupation de la "Crosa de La Mostarda", les coutumes de Faycelles furent reconnues par l'Abbé de Figeac.
Le village abandonne le pied de la falaise. Il y fut relayé par une léproserie, attestée par un legs que fit, en 1343, le cardinal de Montfavet, en faveur des "cassotz" de Faycelles par l'intermédiaire de Bertholomévia, tante d'Arnaud de Bouxal, commanderesse de ladite "malaudia".
Il s'établit sur la crête voisine où il s'érigea en bastide. Les documents de l'époque parlent à son sujet de "La Bastizo", et l'actuel "fond de Faycelles", situé au pied de l'ancien château, est désigné par l'expression : "polio de la bastizo". Les rues se coupent en angles droits selon une disposition caractéristique des bastides de ce temps-là, visible encore de nos jours sur le terrain, plus encore sur la carte dite " du Consulat", conservée aux Archives du Lot. Celles qui dévalent vers l'Est débouchaient sur l'ancien chemin de Toirac à Figeac, par un goulot à visée défensive dont il reste encore un témoin. Sur le pourtour, les maisons aux murs élevés, aux ouvertures placées très haut pour être inaccessibles, formaient remparts à elles seules. Les toponymes encore en usage sont typiques : La Barrière, Le Portail, La Tourelle. Ceux que l'on trouve dans les documents du passé ne le sont pas moins : la maison du "Fort", la "Terrasse", la place "Gaillarde", la "Porte Faute", la Porte Basse", le "Barri de Callot", le "Barri de Carbes" …

Peut-être le château était-il antérieur à la bastide. En effet, selon Champeval de Vyers (16), vers le IXe siècle, L’Abbaye de Figeac avait construit, pour sa défense, une ceinture de fortifications qui le protégeaient de tous côtés.

Il est possible que celui de Faycelles l'ait couverte sur les rives du Lot. Ce qui expliquerait que, vers l'an 1037, déjà, selon Guillaume Lacoste, vers 1155 selon Debons, Adalger, quatorzième Abbé de Figeac, ait fait, au cours d'une visite seigneuriale, une chute de cheval au "château" de Faycelles.
A en juger par la description qui en est faite dans l'acte de vente de 1756, il comportait un local, une enceinte et un patus. Le local était situé sur l'emplacement actuel de l'église. L'enceinte passait certainement par la maison Denoits. Le patus s'étendait entre les deux. Une chapelle existait dans ce château : sa présence est déjà suggérée, par voie d'opposition, par la dénomination d' "Eglise Basse" attribuée à Notre-Dame de Rigant ; elle est attestée en outre par un acte de mariage célébré en 1456 "in capella dicti castri", plus tard par un devis de réparation de la maison Denoits, enfin par un acte d'abjuration du protestantisme qui se déroula dans la chapelle du château le 3 juin 1677.
Une maison sise dans le patus, largement ouverte sur la vallée, comportant jadis deux cheminées monumentales, devait constituer la salle des gardes.
Les "Heures" du château de Faycelles sont le reflet de l'histoire du pays. En 1369, il tomba aux mains des Anglais. Relevé après la Guerre de Cent Ans - un acte signale une "muretta nova" en 1463 - il est, au XVe siècle, la résidence d'été des Abbés de Figeac qui y signent de nombreux documents. En 1476, Amalric Quellenetz est capitaine du fort pour le compte de l'Abbé. Le capitaine Marquès le commanda plus tard, au moment des Guerres de Religions, pour le compte, cette fois, des Hébrard de Saint-Sulpice qui ont, entre temps, acheté la seigneurie, ainsi qu'il sera dit plus loin. Les Catholiques de Figeac, persécutés, après la prise de la ville par les Protestants, à la suite de la trahison de la femme du premier consul qui leur en livra les clés, se réfugient, en partie, derrière ces murailles et en renforcent la garnison. C'est de là qu'ils feront, avec les gens de Faycelles et de Loupiac, une tentative pour libérer Figeac qui restera aux mains des Huguenots. Mais Faycelles en commande l'accès par un côté et généra considérablement le ravitaillement, plus important alors que les dogmes en litige. Aussi, les Protestants viendront-ils, le 3 avril 1589, assiéger le château de Faycelles et le bombarder avec leurs pièces d'artillerie. C'est là enfin que vécut le neveu du Père Descrozailles, martyrisé à Figeac, dans le couvent des Augustins dont il était le supérieur. Le château résistera cette fois à tous les assauts et il faudra, à la fin du conflit, que le chef de la Ligue en personne vienne désarmer les Catholiques de Faycelles et les persuader de la sincérité d'Henri IV converti au catholicisme.
De nouveau, en 1614, lors d'une reprise des luttes religieuses, les Catholiques de Figeac viendront chercher refuge à l'abri de ses remparts.
Mais justement ces derniers soubresauts des Guerres de Religion ont manifesté une fois de plus le danger que faisaient courir au pays les rivalités féodales. La politique de Louis XIII, aidé en cela par le cardinal de Richelieu, sera dominée par le souci de centraliser le pouvoir. Dans ce but, l'assemblée des notables de Paris, réunis par le Roi en 1626-1627, décrète le démantèlement des forteresses, signe efficace du pouvoir des Grands.
Le château de Faycelles qui avait eu naguère son époque de gloire, no-notamment combe uni des principaux bastions de la résistance catholique dans le Figeacois, fut dès lors abandonné. Le seigneur de Montsalès, qui en était devenu propriétaire, n'apporta aucun soin à l'entretenir. En 1750, Jean Bazelle, marchand du lieu, en rachète les ruines et les dépendances. Durant la Révolution, Charles Puel de Gaillot se portera acquéreur de ce qu'il en reste, croyant que cette propriété est tombée dans le domaine des biens nationaux. Il sera débouté de sa requête. Le 16 février 1811, le droit de propriété est confirmé à Pierre Bazelles. Mais un peu plus tard, en 1845, le Conseil de Préfecture déclarera que, le propriétaire ne payant plus les rentes, et le créancier
ayant disparu, la commune devenait de plein droit possesseur des ruines du château et de son emplacement. La municipalité fit enlever une partie des déblais qui encombraient la place et les rues adjacentes ; elle fit niveler le terrain en construisant un mur d'un mètre cinquante de hauteur. C'est sur cet emplacement que sera édifiée, en 1886-1888, par l'abbé Combelles, l'église actuellement existante.


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