vendredi 22 septembre 2017

  • Faycelles vous accueille...

    Faycelles vous accueille...

    Commune du département du lot,arrondissement de Figeac ,diocèse de Cahors, Faycelles a une superficie de 1323 hectares et sa population était de 629 habitants en 2011.
    Elle occupe un plateau situé sur les derniers contreforts du Massif Central...

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  • Que d'Histoire !

    Que d'Histoire !

    L'existence de Faycelles est attestée vers la fin du IVe millénaire avant Jésus-Christ. La population vivait alors sous la falaise qui s'étend vers l'ouest de l'actuelle localité. La tradition le rapporte. Des traces encore visibles d'habitations le confirment, notamment des trous creusés dans la roche pour recevoir la charpente. Un très vieux cimetière, au milieu duquel, par la suite, a été construit un pigeonnier que l'on voit encore...

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  • Faycelles autrefois...

    Faycelles autrefois...

    "Ah ! Qu'il était beau mon village, Faycelles, mon cher pays...

    Et c'est pour cela qu'on dit, D'La Madeleine à Cambonis : Faycelles, c'est l'Paradis !"


    Folklore local.

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2°semestre 2017


STRUCTURES RELIGIEUSES.
Le premier indice du christianisme à Faycelles est une croix de pierre grossière, décrite plus haut, découverte dans une tombe d'enfant de la nécropole barbare des "Sarrasins", au-dessus de la tête du mort, datant du Ive - Ve siècles. Il est impossible de dire par qui, comment et quand l'Evangile fut apporté dans notre localité. Peut-être les propriétaires citadins, déjà convertis, refluant vers leurs domaines ruraux sous la poussée des Barbares installés dans les villes, selon la thèse la plus communément reçue de nos jours. La Charte de Fondation de l'abbaye de Figeac, qui remonte au XIe siècle, aux dires des experts, mentionne l'église de Rigant comme une-dépendance du monastère. Un texte de 1625 la désigne comme rattachée à la manse abbatiale. Le Pouillé de Louis Greil, qui date des environs de l'an 1450, la déclare "ad praesentationem abbatis".
De tous ces textes, il ressort que cette paroisse était un prieuré régulier dont le titulaire était l'Abbé de Figeac. Celui-ci exerçait son ministère par l'intermédiaire d'un "vicaire perpétuel". Ce vicaire était prêtre, moine ou séculier, choisi par l'Abbé, possédant les qualifications requises, auquel l'Evêque de Cahors conférait la juridiction, après simple vérification de son identité. Il résidait à Faycelles et recevait la portion congrue. Ce salaire correspondait, en 1630, au tiers de la dîme. Il semble qu'il participait dans la même proportion à l'entretien du lieu du culte. Souvent, il s'adjoignait à son tour un collaborateur pour le service de la paroisse. Le fait paraît plus fréquent après la Guerre de Cent Ans. Cette situation canonique était, il faut l'avouer, assez ambigüe. D'une part, elle plaçait la paroisse sous la dépendance de l'Abbé et lui reconnaissait les droits de présentation au vicaire perpétuel. D'autre part, l'Ordinaire jouissait des droits de juridiction et conférait les pouvoirs au candidat qui devait exercer, au nom de l'Abbé, les fonctions de curé. Il était inévitable que des conflits surgissent entre les deux autorités co-responsables. C'est ce qui arriva notamment en 1257, 1274 et 1299. La première église fut construite à Rigant, sur un temple romain dédié peut-être à Mercure. Cet emplacement semble avoir été choisi pour une triple raison : le souci de substituer un sanctuaire chrétien à un lieu de culte païen le respect des prescriptions de l'Eglise concernant l'ensevelissement des morts à proximité de la chapelle ; enfin la facilité d'accès pour les hameaux dispersés dont elle était le centre religieux et dont ce point est le centre géographique. Désaffectée au début du XVIIIe siècle après la construction d'une seconde église dans le jardin de l'ancien presbytère, au milieu du bourg, elle fut vendue, au moment de la Révolution Française, comme bien national. Des ruines importantes subsistent, notamment une chapelle latérale dont la voûte s'est effondrée.

La physionomie de cette église nous est suggérée par un devis de réparation conservé aux Archives du Lot. A la lumière de ce texte, et en le complétant par quelques éléments empruntés à d'autres documents, nous pouvons très bien reconstituer cet édifice. Il comporte un clocher recouvert de "lauses", dans lequel il n'y a semble-t-il, qu'une seule cloche. Le portail situé sur la face ouest est orné d'un cocar. A l'intérieur, où l'on accède par quelques marches descendantes, existe une tribune dont l'habillage (ou retribune) est destiné à masquer l'escalier qui passe par derrière et permet d'accéder au clocher. Le sol est constitué par un p:anz.ner. Les murs, sur leur face interne; sont blanchis à la chaux. De part et d'autre du choeur, à la hauteur du transept, deux chapelles : celle de Saint Georges, à droite, en entrant, dont les ruines sont encore debout et qui abrite le caveau de la famille Denoits-Lafon ; à gauche, celle de Saint Michel dont l'existence et le nom sont attestés par le testament du Sieur Savary de la Saigne. C'est dans cette chapelle que l’on conservait le Saint-Sacrement. L'ensemble de l'édifice, de style nettement roman, est orienté Est-Ouest.
La croix de pierre, située à l'entrée du cimetière, semble porter la date : 1160. Une telle lecture, difficile en raison de l'érosion, est plausible. En effet, selon Debons, ce fut Gerber, moine d'Aurillac, futur pape sous le nom de Sylvestre II, qui, déjà inventeur de l'horloge à balancier, introduisit en France le chiffre arabe. Or il mourut en 1003. La datation correspondrait en gros à l'époque à laquelle on fait communément remonter la Charte de Fondation de l'abbaye de Figeac dans laquelle est mentionnée pour la première fois Notre Dame de Rigant comme dépendance de ce monastère bénédictin.
D'autres lieux de culte existent dans la paroisse ; au Mas de Noyer, qui est un centre de dévotion mariale depuis le début du XVe siècle, selon la tradition ; à La Cassagnole, siège d'un prieuré dépendant de l'abbaye de Figeac. Ce prieuré est mentionné pour la première fois dans le testament d'un habitant de Capdenac en 1278. Le titulaire de l'église était Saint Blaise. Il reçut, en 1286, la visite de l'archevêque de Bourges qui y conféra le sacrement de confirmation. Il fut, en 1314, le théâtre de graves désordres qui entraînèrent une visite canonique de l'Abbé de Cluny dont relevait l'abbaye de Figeac. Peut-être faut-il rattacher à cet épisode l'existence à Montsalvy (Cantal) attestée par Abel Beaufrère, dans son livre sur cette localité, d'une chapelle dite "du Reclus", en souvenir, selon la tradition, d'un Religieux de Faycelles, convaincu de sortilèges ou d'insoumission, qui aurait expié en cet endroit les égarements de sa conduite. Quoi qu'il en soit, le prieuré de La Cassagnole eut beaucoup à souffrir des ravages de la Guerre de Cent Ans. Il disparut sans doute au moment de la sécularisation de l'abbaye et le hameau fut rattaché paroissialement à Faycelles. Ses ruines furent vendues, comme bien national, le 2 Thermidor de l'An II, à Maître Paul Theillard, notaire public du lieu.
Enfin, le village de La Madeleine, actuellement dépendant de la commune de Faycelles, constituait alors une paroisse indépendante, desservie par les moines du prieuré de La Cassagnole. La dénomination primitive de cette paroisse était jadis Saint-Perdoux-d'Escadasse. Elle était située sur un lieu de passage du Lot, comme un relais sur une vieille route de Saint-Jacques-de-Compostelle que les pèlerins empruntaient pour se rendre par le Puy, Conques, Montredon, Figeac, L'Hospitalet et Moissac/ vers le grand sanctuaire espagnol du Moyen Age. Notamment le tronçon Saint Jean de Mirabel - Les Couquets - L'Aiguille - La Cassagnole, qui suit la crête entre les deux vallées du Lot et du Célé, est typique du tracé habituel de ces anciennes Voies.

L'ALIENATION DE LA SEIGNEURIE AU XVIe SIECLE.
La décadence de l'abbaye de Figeac au XVIe siècle et la sécularisation en fut la conséquence, en 1536, expliquent l'aliénation de la seigneurie de Faycelles en 1579.
Melchior de Lévis, fils aîné du comte de Caylus, avait été nommé par Charles IX pour succéder au cardinal d'Armagnac démissionnaire, à la tête de l'abbaye, comme Abbé séculier. C'est à la fin de son abbatiat que Faycelles fut vendu à Suzanne d'Estissac, qui avait épousé en secondes noces le comte de Caylus, Antoine
Lévis. Les liens de famille, on le devine, durent jouer un rôle important dans cette transaction à laquelle, par ailleurs, était acculée une abbaye qui payait alors un lourd tribut aux Guerres de Religion.
Madame de Caylus donc, de son nom de jeune fille Suzanne d'Estissac, avait -1-7:s.usé en premières noces, le 2 décembre 1565, Jacques de Balaguier, baron de Montsalès, surnommé "Le Brave", à cause de ses brillants services durant les luttes religieuses. Il fut tué le 13 mars 1569, à la bataille de Jarnac, gagnée par les catholiques sous les ordres du duc d’Anjou. De cette union était née une fille : Marguerite de Balaguier.
La veuve du baron de Montsalès se remaria le 16 août 1572, avec Antoine Lévis, baron, puis comte de Caylus, sénéchal et gouverneur du Rouergue. De ce mariage, elle n'eut qu'un fils : Jacques de Lévis, mort à douze ans, quatre mois seulement après son père. Marguerite de Balaguier, de ce fait seule héritière, épousa à l'âge de onze ans, par contrat passé au château de Montsalès le 16 novembre 1579, un des plus grands seigneurs du Quercy, Bertrand d'Hébrard, baron de Saint-Sulpice. Elle apportait en dot, dans sa corbeille de mariage, la seigneurie de Faycelles que sa mère, Suzanne d'Estissac, venait d'acheter pour elle à l'abbaye de Figeac. Ce rattachement à la maison des Hébrard de Saint-Sulpice est d'une importance capitale pour l'histoire de notre village durant les Guerres de Religion. Car c'est à l'efficace protection de cette puissante maison que le fort de Faycelles doit d'avoir résisté jusqu'au bout aux assauts réitérés des Protestants. Elle mit son point d'honneur à en faire un bastion inexpugnable, comme en témoigne une correspondance à ce sujet entre Madame de Caylus et sa fille. En effet, la famille des Hébrard régnait sur la vallée du Célé depuis le XIIIe siècle au moins. Elle était alliée aux plus illustres noms de la région : les Cardaillac, Les Gourdon, Les Vaillac, les Lauzières-Thémines, les Genouillac, les Estaing et les Arpajon. Elle avait fourni jadis de grands personnages de dimension nationale et n'avait rien perdu de son antique vigueur. Ainsi, le père de Bertrand, marié à Claude de Gontaud-Biron, était ambassadeur en Espagne en 1565, sous Philippe II. C'était un diplomate de grande classe. Il fut par la suite nommé gouverneur et surintendant du duc d'Alençon. Il pacifia le Poitou et la Saintonge en 1574 et fit appliquer, en 1579, les accords de Nérac. Mort à 62 ans, en 1581, il laissa le souvenir d'un pacificateur et d'un homme de bien, également estimé des Protestants et des Catholiques, comme on le voit dans une lettre écrite par de Mausse, le capitaine huguenot de Figeac, à Ma-dame de Saint-Sulpice.
La soeur de Bertrand, Catherine, épousa, en 1587, Pons de Thémines, seigneur de Lauzières, futur maréchal de France, celui-là même qui vint en personne à Faycelles en 1583 pour organiser la place et "conforter les bons catholiques". Plus tard, vers la fin du conflit, il y retourna pour désarmer les ligueurs, défenseurs opiniâtres de la citadelle, les persuadant de rentrer dans l'obéissance du roi. Enfin, le frère de Bertrand, après avoir été Abbé de la Belle-Perche, fut nommé évêque de Cahors en 1576. C'est lui qui, le 3 octobre 1589, avertit l'Abbé de Marcilhac que "quelque chose de sinistre" se préparait sur Faycelles, ce qui fit que Mr. de Thémines, ayant ouï cette nouvelle, partit aussitôt vers ces quartiers. En 1585, il siégea au Conseil d'Etat qui le chargea de maintenir le Quercy sous l'autorité du roi. Malheureusement, Bertrand périt à la bataille de Courtrai en 1587. Sa veuve, Marguerite, se remaria d'abord en août 1589 avec Blaise de Montluc qui était sénéchal d'Agenais ; puis, en troisièmes noces - il est vrai qu'elle avait commencé jeune, s'étant mariée pour la première fois à onze ans - avec Bertrand de Vignoles dit "La Hire". De son premier mariage avec Bertrand de Saint-Sulpice, était née notamment une fille : Claude d'Hébrard qui épousa, le 2 septembre 1604, Emmanuel de Crussol. C'est ainsi que, par voie d'héritage, Faycelles passa sous la tutelle de cette maison célèbre dont un rameau était implanté au château de Montsalès. Cette union fut stérile. A la mort de sa femme, Emmanuel de Crussol épousa en secondes noces Marguerite de Chasseron dont il eut six enfants. L'un d'eux, Alexandre Galliot, épousa Rose des Cars de Montai et de la Roquebrou.
C'est leur fils, Emmanuel de Crussol d'Uzès qui, en 1705, en exécution d'un édit royal, opéra la rétrocession de la seigneurie de Faycelles, qui fit alors retour à l'abbaye de Figeac, après une éclipse de plus d'un siècle.

LES GUERRES DE RELIGION.
Un premier combat se déroule à Ferrières, en 1569, Après la défaite de Moncontour, le 3 octobre de cette même année, les princes de Navarre, de Condé et l'amiral de Coligny avaient ramassé ce qui leur restait de soldats, et s'étaient dirigés sur Montauban pour apporter à cette ville l'appui de leurs armes. Comme le capitaine Cars gardait les passages de la Dordogne, la troupe fit route par Argentat et Beaulieu, traversa la rivière et se dirigea sur Capdenac pour investir la place. Elle prit au passage Saint-Céré, Sainte-Colombe où elle campa en rase campagne, évitant de s'enfermer dans les châteaux où les surprises étaient à redouter, évita Figeac qu'elle jugea trop bien défendue pour tenter une attaque, la contourna par sa droite et passa aux environs de Faycelles. Un détachement de reîtres campa au hameau de Ferrières. Le gouverneur de Figeac, seigneur de La Capelle Marival, envoya ses hommes pour inquiéter cette arrière-garde. Ils y coururent, firent des morts et des prisonniers, et se hâtèrent de rentrer à l'abri de leurs remparts. Cet épisode se situe à la fin d'octobre ou au début de novembre 1569.

Cette fois, la lutte est engagée. Elle va durer longtemps. Mais Faycelles bénéficiera, en cette circonstance, de conditions tout à fait favorables. Le château ne connaîtra pas, comme au temps de la Guerre de Cent Ans, la honte d'une capitulation. En effet, d'une part, ainsi qu'il vient d'être dit, les deux puissantes familles de Caylus et de Saint-Sulpice le protègent efficacement. D'autre part, la garnison va se trouver renforcée dès 1580 par l'arrivée d'une partie des Catholiques de Figeac. Les Protestants ont pris la ville, par la trahison de la femme du premier consul qui leur en a livré les clés. Leurs exactions contre les Catholiques sont intolérables. Ceux-ci, excédés, se dispersent dans les châteaux voisins de Sérignac, Saint-Dau et Gréalou. Faycelles aussi reçoit son contingent. De là l'opiniâtreté de la résistance qu'opposera jusqu'au bout la garnison.
Marquès commande le fort en 1579. Le nom de Gualieu est aussi mentionné comme capitaine pour la même année. Le 22 septembre, Marqués tente, avec ses soldats qu'il avait armés en secret, une opération sur 

Figeac alors aux mains des Protestants, Il s'empare des portes de la ville, à l'exception de celle du Criffoul qui a été prise d'assaut par les hommes du capitaine Murat de Loupiac. Malheureusement, les Protestants trouvent refuge dans la citadelle, où le gouverneur les reçoit à bras ouverts. Les Catholiques auraient pu s'emparer de cette forteresse s'ils ne s'étaient cas oubliés, par vengeance, à piller les maisons des Huguenots. Si bien que l'affaire en resta là, et la troupe victorieuse rejoignit Faycelles, sans avoir exploité à fond sa victoire.
Les escarmouches se multiplient. De part et d'autre, on fait des prisonniers. Ainsi le 3 octobre 1579, le vicomte de Gourdon intervient auprès de Jean de Saint-Sulpice en faveur d'un de ses sujets du nom de Caullet, dont le fils est le premier consul de sa ville et qui est "prisonnier entre les mains de Gualieu de Faycelles". Le 15 octobre de la même année, c'est Monsieur de Camburat qui s'adresse à Jean de Saint-Sulpice pour lui dire qu'il a fait tout ce qu'il a pu pour obtenir l’élargissement de Rodergues et Ampelli qui lui avaient été recommandés par lui, et par le comte et la comtesse de Caylus. L'ennui, c'est qu'ils sont entre les mains de plusieurs. Un commando les a arrachés des mains de Marquès de Faycelles « qui les voulait tenir ». Il va faire l'impossible cependant pour obliger Monsieur de Saint-Sulpice. Il trouve néanmoins que certains Catholiques y vont un peu fort pour les rançons. En 1581 (ou 1589, selon le manuscrit de Salvat), un rassemblement de troupes s'est fait au château de Faycelles en vue d'attaquer Montbrun et Brengues. Mr. de Suzanne l'annonce à Jean de Saint-Sulpice dans une lettre datée de Gréalou. Cette même année, le capitaine protestant de Mausse s'empare du château de Sérignac qui est livré par son propre maître. Les Catholiques de Faycelles n'ayant pas voulu imiter sa lâcheté, de Mausse se met en route avec son artillerie pour les attaquer. Marquès, qui commande le fort, se porte au-devant de lui avec les soldats de Toirac et du voisinage. Il disperse l'avant-garde ennemie et contraint de Mausse à lâcher pied, et à faire retraite sur Figeac où il court s'abriter derrière les remparts qu'il fait renforcer. En 1583, Roquefort, seigneur de Corn, de retour dans son château depuis la fin de l'année précédente, reprend malgré son grand âge, la lutte contre les Huguenots. Figeac, Cardaillac, Espédaillac sont plus que jamais "pleins de gens de guerre et de ceux de la R.P.R. (Religion prétendue réformée, selon le sigle de l'époque). Les insurgés menacent Faycelles où le maréchal de Thémines vient, en personne, conforter les bons Catholiques et détourner l'orage". C'est que Faycelles, de par sa situation, occupe une place stratégique importante. En effet, cette place commande la plupart des voies d'accès qui convergent vers Figeac. Par suite, elle règle le trafic des denrées.
Or, précisément, la ville souffre d'une grande disette : une famine a éclaté en 1585, à la suite, sans doute, de da peste qui, l'année précédente, a emporté 2.500 Figeacois que sont venus secourir les Capucins de Cahors. Aussi les Protestants, au lieu de conserver les citadelles dont ils s'emparent, préfèrent monnayer leurs conquêtes. Le 2 avril 1586, Madame de Caylus écrit à Madame de Saint-Sulpice, sa fille, que les hérétiques ont abandonné un fort dont ils s'étaient saisis moyennant des charges de blé. En 1585, Maligny, neveu de Mr. de Mausse, amène une couleuvrine à Mandens, sur le Célé, près de Corn, et le château compose à 200 quartes de blé et 1.000 écus d'argent.
Il importe donc pour les Catholiques de tenir solidement le verrou que constitue Faycelles dans l'ensemble du système de défense. C'est pourquoi Madame de Caylus annonce à sa fille que son mari a renforcé la garnison de cette place, qu'il a pris toutes ses précautions de peur que "les Protestants ne voulussent assiéger Faycelles", qu'il est fermement déterminé à tout mettre en oeuvre pour défendre à tout prix cette citadelle "qu'il se mettra toujours en peine de secourir comme ses maisons propres".
En 1587, le seigneur de Sainte-Colombe, un certain Paramelle qui a plusieurs fois changé de 

camp, part attaquer Faycelles. Il rencontre sur sa route la garnison, la met en déroute et rentre à Figeac, sans pousser plus loin son avantage.
Le 3 avril 1589, Roquefort, seigneur de Corn, écrit à Mr. de Saint-Sulpice en faveur de Mr. de Parats, prisonnier, dit-on, des gens de Faycelles et que l'on veut, paraît-il, mener à Saint-Circq "pour le plus vexer et le tourmenter". Il s'excuse de l'importuner si souvent et lui demande, en même temps, d'écrire à l'Abbé de Marcilhac pour lui dire que "les forts ne sont guère bons et qu'il y a trop peu de monde pour les défendre".
Le 3 octobre 1589, l'évêque de Cahors, en l'occurrence Antoine Hébrard de Saint-Sulpice, dont il a été déjà question, mande d'Albas à l'Abbé de Marcilhac que "quelque chose de sinistre" se prépare contre Faycelles et que Mr. de Thémines est allé sur place réconforter le moral des troupes. C'est justement ce Mr de Thémines, beau-frère de Bertrand de Saint-Sulpice, seigneur de Faycelles, que le roi, après les Etats Généraux de Blois tenus en 1588, nommera sénéchal de Quercy, en récompense de sa loyauté. Un de ses premiers actes sera de venir en personne désarmer les ligueurs de Faycelles. Il les exhortera à être de bons serviteurs du roi, les assurera que sa conversion est sincère ; il leur fera comprendre que l'assassinat du duc de Guise est le résultat d'une querelle particulière et que l'union d'Henri III et du roi de Navarre n'a pour but que la pacification du royaume ; que s'ils veulent jeter bas leurs armes, il remettra les catholiques de Figeac en possession de leurs maisons et de leurs biens. Finalement, ils accepteront et Pons de Thémines, de son côté, tiendra parole. Dans une requête que ce dernier adressera à Mr. de Matignon pour lui demander des troupes que réclament divers seigneurs de la région, il est fait mention de cette reddition pacifique de Faycelles "qui depuis peu a reconnu l'autorité du Roi".
Ainsi se termine - momentanément du moins car une nouvelle flambée se rallumera au début du XVIIe siècle - une période particulièrement troublée de notre histoire locale. Ce qui frappe dans les documents rapportant les différentes phases de cette lutte intestine, c'est d'abord son âpreté. Ce n'est pas étonnant. Quand l'enjeu est le sacré, les combats tournent inévitablement au fanatisme. Il n'est pire guerre que les guerres de religion. On a, de plus, l'impression d'une confusion totale. Dans une guerre étrangère, du moins à cette époque, les camps sont bien délimités. Il n'en est rien dans les luttes où le profane se mêle au religieux. De là, des volte-face répétées, selon les fluctuations des intérêts personnels et politiques, des dissensions au sein d'un même parti, d'étranges compromis, par-dessus la tête des combattant, entre chefs de factions rivales. Enfin, nous saisissons sur le vif, à travers les documents du temps, empruntés pour la plupart aux papiers de Mr. de Saint-Sulpice le rôle capital qu'a joué Faycelles tout au long de ce conflit dans le Haut Quercy. Il le doit à la tutelle des hautes et puissantes familles qui l'ont soutenu, à l'appoint des Catholiques de Figeac réfugiés derrière ses remparts, à la ténacité de ses habitants, selon le témoignage de l'auteur des "Flosculi" dont il sera question plus loin, enfin à sa position stratégique entre Lot et Célé, au carrefour des routes qui conduisent à Figeac et par où passe le trafic des gens, des bêtes et des grains.
L'Edit de Nantes de 1598 va amener un moment de répit. Il ne sera pas, hélas, de longue durée. En 1603, 1608 et 1610, nous trouvons à la tête du château de Faycelles Gabriel Gualieu. C'est une période de calme. Mais en 1614, de nouveau la révolte gronde à Figeac. Les Catholiques, une fois encore, reprennent le chemin de Faycelles, Fons et Issepts pour recommencer le combat. L'année 1622 est particulièrement riche en évènements. Une application trop stricte de l'Edit de Nantes de 1598 a rallumé la guerre civile. Dans la région, elle a pris naissance à Montauban et, de là, s'est étendue dans le haut Quercy. Sully, ministre disgracié d'Henri IV, réfugié à Figeac et Capdenac, fut un signe de ralliement pour les Huguenots. Le meurtre d'un Catholique de Figeac au sortir de l'église abbatiale met le feu aux poudres. Les Catholiques, ne pouvant plus supporter plus longtemps
les brimades répétées des hérétiques, regagnent leur poste au château de Faycelles. Une lettre écrite à un de ses amis de Cahors par un officier du détachement de l'armée royale qui campe alors sur le plateau de Faycelles témoigne de leur détresse : "Je vous dirai, confie-t-il à son correspondant, que les Catholiques ont été plus maltraités qu'ils n'étaient jamais et tellement tourmentés que la plupart ont quitté leurs biens et moyens". Le 28 mars, le capitaine Pibrac, du parti catholique, après avoir établi un pont de bateaux sur le Lot, en face de Faycelles, alla surprendre pendant la nuit un fort construit par les troupes de Sully au port de Capdenac. L'ouvrage fut enlevé en trois quarts d'heure. De la centaine d'hommes qui le défendaient, cinq seulement Durent s'échapper "ayant remarqué que le signal (de ralliement) était d'avoir tiré sa chemise hors des chausses devant et derrière. Ils en firent de même et se mêlèrent ainsi aux soldats catholiques". Ils ne furent reconnus qu'au point du jour et longtemps après le combat, et "ainsi ils se garantirent de la mort". Le jour de Pâques, la lutte faisait rage à Capdenac où six compagnies du régiment de Pibrac incendiaient un fortin sur les bords du Lot et détruisaient un pont de bateaux que les Protestants avaient construit pour leurs communications avec les religionnaires du Rouergue. Le même jour, on se battait aux portes de Figeac. Des engagements avaient lieu sur le plateau de Faycelles où deux compagnies royales avaient été placées pour empêcher la jonction des insurgés de Cajarc et de Figeac. Mais le combat le plus important eut lieu du côté de Fons. Les troupes royales commandées par François de Cardaillac, seigneur de Lacapelle-Marival, infligèrent une défaite complète aux insurgés de Cardaillac que commandaient le fils de Sully, le comte d'Orval. Le 11 juin 1622, les Catholiques de Figeac réfugiés à Fons, Issepts et Faycelles, et autres lieux circonvoisins, tiennent une assemblée à Fons. Leur nombre est considérable. Le procès-verbal de séance ne comporte pas moins de 31 signatures. On décide de députer Mr. de Laporte, conseiller du Roi et juge en la ville et viguerie de Figeac, par devers sa Majesté, pour lui faire plainte des oppressions faites aux habitants de Figeac, tant par le seigneur duc de Sully que par le seigneur comte d'Orval, son fils, et autres de sa suite, faisant profession de la religion prétendue réformée et rebelles au Roi. Ils durent obtenir satisfaction puisque, le 9 juillet de la même année, les Catholiques fugitifs rentraient à Figeac. Aidés par les gens des paroisses voisines, accourus de plusieurs lieues à la ronde, ils démolirent entièrement la citadelle construite par les Protestants.

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